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Accueil Date de création : 03/02/08 Dernière mise à jour : 07/02/10 12:37 / 55 articles publiés
 

Nodame Cantabile  (Humour) posté le dimanche 07 février 2010 12:37

En mars sortira le huitième volume français de la série Nodame Cantabile.

Nodame Cantabile, c'est un shojo (manga pour jeunes filles) complètement déjanté en 23 volumes, qui a été adapté par la suite en anime, puis en drama.

 

L'histoire d'étudiants en musique à l'université de Momogaoka..

L'héroïne, Megumi Noda, est étudiante en deuxième année de piano chez Hajime Tanioka, le professeur des ratés, au début de la série. Elle est disons-le très bordélique, et bien qu'étant étudiante en musique, rêve de devenir institutrice à la maternelle. Elle est la voisine de Shin'ichi Chiaki, en troisième année de piano chez Kozo Eto, le professeur des élites. Chiaki est tout le contraire de Nodame. Fils d'un pianiste célèbre, il est bosseur, et extrèmement ordonné. Maniaque. La situation de son père a permis à Chiaki de se balader dans tout l'Europe enfant, et de nouer des relations avec Sevastiano Viera, chef d'orchestre de renommée internationale. Depuis, il rêve de devenir chef d'orchestre, et d'aller retrouver son maître en Europe, mais sa phobie des moyens de transports le retient au Japon. Il va cependant se rapprocher du chef d'orchestre Allemand  Franz von Stresemann (Qui s'est fait appeler Milch Holstein lors de sa première apparition !), venu enseigner à l'université, qui va lui permettre d'accéder à son rêve et diriger un orchestre.

 

Tout oppose nos deux personnages principaux, mais, comme dans tout shojo digne de ce nom, on va voir leur relation évoluer.

 

Après avoir dirigé un orchestre, Chiaki en créera un, avec des talents prometteurs rencontrés lors d'un festival d'été. Nodame sera repérée par Kozo Eto, le professeur des élites qui la prendra pour élève, la poussera à se présenter à des concours après avoir conclu un marché surprenant...

Les caractères marqués des personnages les rendent très attachants.

Nodame la bordélique intuitive totalement amoureuse de Chiaki, Chiaki l'excellent musicien prétentieux,Miné le violoniste intuitif rockeur, Masumi le percussionniste excentrique...

 

Au delà de cette histoire, ce manga apporte une vision rafraichissante de la musique classique, populaire au Japon, un peu ringarde en France. Les scènes musicales sont tantôt sérieux, tantôt humoristiques. Mais toujours traités avec un réalisme surprenant.

Le musicien appréciera la justesse des propos musicaux, l'usage du vocabulaire musical, toujours expliqué dans un lexique. Les nombreux extraits de partitions figurant dans le recueil (avec les vraies notes !)

 

La version Anime (dont les deux premières saisons sont visibles sur Dailymotion) propose un plus, elle permet d'entendre les oeuvres jouées par les protagonistes.

La première saison de l'anime reprend l'histoire du manga.

La deuxième saison se passe à Paris. Chiaki et Nodame sont étudiants au CNSM. (très drôle de voir comment les Japonais imaginent la France). La troisième saison est diffusée depuis 15 jours au Japon si tout va bien...

 

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La contrebasse, Patrick Süskind  (Textes sur la musique et les compositeurs) posté le dimanche 02 août 2009 14:23

La contrebasse, Patrick Süskind.

La contrebasse est l'instrument le plus gros, le plus puissant et le plus indispensable de l'orchestre, le plus beau aussi, dit d'abord le contrebassiste. Mais bientôt l'éloge pompeux laisse affleurer les frustrations et les rancœurs du musicien et de l'homme. Et peu à peu la haine d'abord refoulée de cette encombrante compagne s'exprime, se déchaîne et explose jusqu'à la folie... Ce monologue tragique et drôle, par l'auteur du best-seller Le Parfum, tient l'affiche en Allemagne depuis des années. Interprété à Paris par Jacques Villeret, il a reçu un accueil triomphal.

 

Un extrait.

 

…. Du reste, je ne connais pas un seul collègue qui soit devenu contrebassiste parce qu’il l’aurait décidé. Et on comprend bien ça. L’instrument n’est pas précisément maniable. Une contrebasse, c’est plutôt, comment dire, un embarras qu’un instrument. Vous ne pouvez guère la porter, il faut la trainer ; et si vous la faites tomber, elle est cassée. Dans une voiture, elle ne rentre qu’à condition d’enlever le siège avant droit. A ce moment là, la voiture est pratiquement pleine. Dans un appartement, elle se trouve sans cesse sur votre chemin. Elle est plantée là… avec un air si bête, vous voyez… mais pas comme un piano. Un piano, c’est un meuble. Vous pouvez le fermer et le laisser là où il est. Elle, non. Elle est toujours plantée là comme… Dans le temps, j’avais un oncle qui était toujours malade et qui n’arrêtait pas de se plaindre qu’on ne s’occupait pas de lui. La contrebasse est comme ça. Quand vous avez des invités, elle se met tout de suite à faire l’intéressante. On ne parle plus que d’elle. Quand vous voulez être seul avec une femme, elle est là qui surveille tout. Si les choses se précisent… elle est là qui regarde. Vous avez toujours l’impression qu’elle rigole : elle rend l’acte sexuel ridicule. Et cette impression se communique naturellement à votre partenaire, alors… je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’entre l’amour physique et le ridicule il n’y a qu’un pas, et que pourtant ça va très mal ensemble ! Quelle misère ! C’est proprement inconvenant. Excusez-moi un instant…

 

Voici un tout petit livre trouvé par hasard chez Cultura (oui, parfois on trouve des choses là bas… je n’en revenais pas moi-même !).

C’est une petite pièce de théâtre, un monologue, qui se lit très facilement et rapidement dans la soirée.

Très drôle.

L’histoire d’un musicien (bien frustré !) qui nous parle de son rapport à la musique, par son instrument. Il tente d’abord de nous (de se) persuader que son instrument est le plus important, le plus utile de l’orchestre, lui, musicien d’orchestre, petit fonctionnaire, qui veut se valoriser. Etre si important, et même pas remarqué par cette soprano dont il rêve tant… Il est tellement plus important que même le premier violon… Puis petit à petit, la contrebasse s’impose, et devient de plus en plus encombrante, un handicap social ! Ce récit mène notre personnage jusqu’à la folie (il déraille bien).

Passionnant, la routine du musicien, ses fantasmes (la Truite de Schubert !)… Je pense qu’on s’y retrouve tous un peu en tant que musicien. Nous cherchons tous à valoriser notre instrument, le meilleur (pour le piano, c’est sûr !!!) nous avons tous nos fantasmes musicaux qui nous poussent, mais ne devient-il pas encombrant aussi parfois ? Ne sommes-nous pas tous au bord de la folie ?

Des passages également très intéressants sur l’évolution de la contrebasse, son répertoire.

 

A lire, si vous cherchez une lecture pour la plage (c’est le moment…) ou s’il pleut, comme toujours en août et que vous êtes bloqué à la maison !!!!

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Clara.  (L'actualité) posté le dimanche 14 juin 2009 10:08

Un film de Helma Sanders-Brahms, sorti  le 13 mai.

 

Il aura fallu attendre un long mois avant que le film rejoigne la salle normande l'Ariel.  C'est vrai qu'en 1850, en calèche, les déplacements prenaient beaucoup de temps...

 

Mais enfin, hier soir, j'ai pu voir ce film. (il y a 1.5 mois en fait... le temps que je me décide à achever et publier cet article...) Il n'y avait pas l'adsl en 1850 !!!)

J'y suis allée un peu sceptique. Le film fut très moyennement reçu par la critique. Des avis très partagés. Un avis de plus ou de mons...

Voici le mien !

 

Une première déception d'abord, le fim annoncé en VO était en français. C'est vrai que je ne parle pas un mot d'Allemand, mais je préfère la VO, meilleur selon moi pour baigner dans le contexte.

Concernant le jeu des acteurs, je ne peux donc pas dire grand-chose. La doublure est à mon avis très médiocre.  J'avais parfois l'impression qu'on nous lisait un texte (sans aucune conviction), très monotone, difficile d'y croire, de se plonger dedans.

J'espère que la VO est meilleure (en même temps, ça doit pas être difficile). Du coup, grand décallage entre les attitudes des comédiens et les dialogues, qui ne semblent pas toujours correspondre à ce qu'on voit.

Mais de toute façon, ce qu'on voit n'était pas non plus extraordinaire (ou bien c'est la VF qui rendait les scènes ridicules...). Voir Clara Schumann (Marina Gedek) diriger l'orchestre de  Düsseldorf est quand même bien comique. De très jolis mouvements, qui peuvent être séduisants, mais franchement risibles quand placés devant un orchestre.

Schumann nous apparait comme un vieux fou. Peut-être l'était-il, après tout, on n'en sait rien, rien à ce sujet dans le journal, à part les récits d'une grande souffrance. Le comédien nous dresse ici le portrait d'un homme "débile" (c'est bien le mot), violent, et finalement peu sympathique.

 

Brahms est un "toutou tout fou", qui fait le mariole, marche sur les mains, glisse sur les rampes d'escaliers dans la maison Schumann, c'est tout ce qu'on retiendra...

Le comédien, Malik Zidi, ne ressemble en rien à ce qu'on peut s'imaginer de Brahms. Oui, c'est un très beau jeune homme, mais les cheveux en pétard avec du gel, le teint basané, j'ai du mal à y croire. Du moins, ce n'est pas l'image que j'avais de Brahms.

 

 

Bref, l'intérêt du film n'est pas vraiment dans la mise en scène des personnages.

Mais où est-il alors ?

Je me le demande encore.

Peut-être Helma Sanders-Brahms a t'elle voulu nous faire le portrait d'un femme au 19eme siècle. La condition de la femme, qui n'a aucune place dans la société... Mais la grande Clara.. Cette femme parmi les hommes !!!! Dis donc ! Il semblerait en effet que Clara Schumann se désolait du fait que les femmes ne pouvaient pas faire tout comme les hommes. Comme au sujet de la composition par exemple, qui selon elle n'était pas une affaire de femme. On sait aussi que Clara et Robert se sont longtemps battus pour leur union, jusqu'au procès...

Clara, la femme émancipée.

Mais de là à en faire une féministe du 20eme siècle !

 

Et c'est là le problème du film, c'est que tout est exagéré, rien ne semble naturel.

Même qu'elle dirige l'orchestre à la place de son mari, et même qu'elle compose, qu'elle voudrait se remettre à la composition et que Robert n'est pas enchanté !! (t'es une femme, t'as pas à t'en mêler, c'est un boulot d'homme ça ).  (Ah bon ? Ils ont pourtant encore coomposé ensemble des fugues avant leur arrivée à Düsseldorf), et des Romances suivront encore.

 

 

Quelques (beaucoup) d'anachronismes, de mauvaises informations au sujet de l'histoire des Schumann-Brahms. Il ne faut pas voir ce film comme un documentaire, mais bel et bien comme une fiction.

 

Celui qui me sauta "aux oreilles" dès la bande-annonce, et peut-être certains pourront éclairer ma lanterne ?

Dans la scène où Brahms se met au piano, il joue du "Schumann" (la pièce de l'op.99 qui lui servira de thème pour ses variations sur un thème de Schumann. Et Clara s'exclame "Mais c'est ma Romance !" Je pensais que c'était une pièce de Schumann, dont Clara avit ensuite fait des variations, puis Brahms ensuite. Mais je peux me tromper. Des avis ?

 

Bref, une gentille fiction, un divertissement sympa, mais uniquement si on ne connait rien aux Schumann, sinon, il y a de quoi s'arracher les cheveux.

 

Tant qu'à entrer dans la fiction, et sur le même sujet, je vous conseille 2 livres.

 

Clara S, de Claude Samuel, qui fantasme bien sur une liaison Brahms/Clara.

Et Clara Schumann, concerto pour une légende, de Jackie Valabregue. Clara en épouse dévouée, aimante, mais qui se demande combien de temps elle va tenir et si son mari ne va pas la rendre dingue.

 

Pour avoir du vrai, du concret, bien sûr, il y a les lettres, et le journal, qui viennent d'être réédités chez Buchet-Chastel.

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Edna Stern, Bach, Nun Komm' Der Heiden Heiland.  (L'actualité) posté le dimanche 01 mars 2009 11:08

Je vous présente aujourd'hui un très beau disque.

J'attendais sa sortie depuis le mois de décembre, le voici aujourd'hui entre mes mains.

Et il tient ses promesses. Un disque absolument génial sur le plan de l'interprétation, mais aussi conçu avec une grande intelligence. Il n'est pas une banale suite de morceaux. Et j'aime cette idée de construire un disque autour d'un "projet".

 

Ce disque étonne sur plusieurs plans.

 

Déjà donc, dans sa constitution. Comme je le disais, il est très agréable d'écouter un disque qui suit une idée. Et l'idée d'Edna Stern de rassembler quelques préludes et fugues du clavier bien tempéré et de les faire précéder de chorals n'est pas banale, et passe absolument bien. On suit tout un cheminement émotionnel, qui nous amène peu à peu vers l'ouverture, la libération, par la dernière pièce, le prélude et fugue en Mi bémol Majeur.

Les pièces, dans cette idée, suivent un cheminement tonal très logique. (ce qui est très "confortable" pour l'oreille, mais qui aussi, inconsciemment, nous mène dans cette continuité voulue par l'interprète, construire cette succession de pièces un peu à la manière d'une cantate.

 

Et qui dit "cantate" dit "chant". Pianistiquement, ce disque de Bach est unique. Je ne suis pas ne grande spécialiste de Bach au piano, mais je n'ai jamais entendu quelque chose de semblable du point de vue de l'interprétation de Bach au piano.

Parfois, je me demande ce qui pousse encore les interprétes à enregistrer, alors que la quasi-totalité du répertoire a déjà été enregistrée. Peut-être la musique de Bach permet-elle une plus grande liberté, étant donné que les partitions sont moins anotées, et qu'il n'a pas connu le piano moderne ?

Je n'aime pas beaucoup la musique de Bach au piano car j'en entends souvent des interprétations "mécaniques", mettant souvent en avant la "complexité" du contrepoint. Ou alors certains pianistes essayent avec leur piano d'imiter le toucher du clavecin. Les préludes très souvent sont joués dans l'esprit de la toccata, les fugues comme un habile exercice, sans parler des suites de danses qui ressemblent bien à des suites, mais certainement pas à des danses.

 

Alors pourquoi j'aime ce disque et pourquoi je le trouve unique dans l'interprétation de Bach ?

J'avais déjà entendu des extraits avant de l'acheter, et je trouvais un côté très "romantique". Le disque est entièrement romantique (mais pas pâteux). Ce qui peut peut-être aussi justifier les transcriptions de Busoni.

L'usage de la pédale déjà. Mais oui, on peut mettre de la pédale dans Bach ! Mais cela tient surtout du jeu de la pianiste, qui est toujours très raffiné. Certainement pas fragile, mais bien dosé, avec beaucoup de couleurs. Elle a une palette sonore incroyable, qui fait qu'on oublie totalement le piano.

La prise de son y est aussi pour quelque chose. Elle n'est pas du tout brillante, et met en avant le registre grave.

 

Je viens de dire : "on oublie totalement le piano".

Voici encore un trait caractéristique dEdna Stern.

Comme je l'ai peut-être déjà dit dans mon blog, je l'ai découverte par son disque Schumann. En écoutant la Fantaisie, j'avais tout de suite pensé à Yves Nat, que j'admire particulièrement. Je la rapproche encore de ce pianiste ici. Par cette citation de Nat : "Tout pour la musique, rien pour le piano !"

Car c'est exactement de ça q'uil s'agit ici. "Le piano nest pas un moyen d'avoir des moyens, mais un moyen dexpression."

Au fil de ce disque "cantate", c'est surtout du chant qu'on entend. Cela vient certainement de sa manière frappante de "respirer". Les lignes mélodiques sont toujours très aérées (avec un brin de rubato). Elle met bien en avant aussi le discours de l'oeuvre, en jouant sur la polyphonie, sur les différentes lignes mélodiques, ce qui fait que certaines fugues en particulier donnent l'impression d'être jouées par plusieurs instruments. (Mais certainement pas par plusieurs pianos... On se demanderait presque si c'est bien un instrument à "marteaux" qui joue).

Interprétation aussi remarquable des préludes. Je disais plus haut que je trouve que les préludes sont souvent interprètés comme des "toccatas". Des pièces à "toucher" le clavier... Un échauffement (pour les doigts et les oreilles) avant le savant exercice de la fugue. Encore ici, les préludes sont incroyables. Elle en fait ressortir leur côté "mélodique" qu'on néglige souvent.

 

Bonne note aussi pour la présentation du disque, toujours soignée. Une pochette à la manière de zig-zag territoires, et un livret très bien conçu, sous forme d'entretien entre l'interprète (non, pas pianiste) et Pierre Gervasoni, où elle explique son projet.

 

Un grand bravo, pour le jeu de l'artiste déjà, mais aussi pour son intelligence, et sa manière de toujours s'exprimer simplement et clairement (que ce soit au piano, par écrit, ou en parlant).

Une personnalité très attachante.

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Claire Désert.  (Le coin déprime.) posté le mardi 23 décembre 2008 18:45

Petit coup de blues pour les fêtes de fin d'année.  C'est le bon moment.

 

Pourquoi ?

Pour rien.

Parce que je suis contente.

Parce qu'après avoir assisté à plusieurs concerts assez médiocres, j'ai enfin apprécié un concert, dimanche. (plus que ça même).

Très heureuse. Un très beau concerto de Brahms. (N°2 pour piano). Ca, je n'en ai jamais douté, c'est un de mes préférés. Ce que j'aime particulièrement dans cette forme musicale. Avec un "soliste" qui n'est pas vraiment "soliste", qui se confronte pas à l'orchestre, mais qui s'y intègre, qui vient enrichir la palette instrumentale. Bref, pas déçue, une belle oeuvre, mais ça, je le savais déjà.

Et une très belle interprétation. Mais alors là, je crois bien que mon coup de déprime vient de là. Pas à être "dégoutée" ou jalouse ou envieuse, rien de tout cela.

Mais parce qu'après mes concerts décevants (je ne donnerai pas de noms d'interprètes mais je m'en doutais avant même d'y aller...) là enfin, j'ai reçu ce que j'attendais. Pour la première fois. J'avais le coeur complètement noué.

Et je suis très heureuse, vraiment contente, car avant d'assister à ce concert, j'avais peur d'être déçue par la soliste. Car c'est une artiste que j'admire beaucoup, et j'appréhendais un peu. Ca doit être déchirant d'être déçu par un artiste qu'on apprécie

Mais là, je me doutais que je ne serais pas déçue, j'avais confiance. Et j'ai bien fait.

CarJ'ai assisté à un magnifique concerto, avec un pianiste à sa place. Très humble dans sa façon de jouer. Je n'irais pas jusqu'à "modeste" car il ne le faudrait pas dans Brahms, mais à sa place. Et je fus très heureuse de retrouver sur la scène les choses qui me plaisent tellement dans ce que j'entends au disque.

 

Parmi les pianistes du moment, j'appréie particulièrement Edna Stern, et Claire Désert. Oui, ces deux personnes. Rencontrées (au disque) grâce à Schumann.

Si j'étais une pianiste, je voudrais avoir réunies en moi toutes les qualités de ces deux musiciennes. 

Je les trouve pourtant très différentes. Lorsque j'ai écouté pour la première fois le disque Schumann d'Edna Stern, je me suis vraiment pris une claque, quelque chose que je n'ai jamais retrouvé ailleurs. Pour faire le rapprochement avec Schumann, je dirais qu'elle a un peu d'Eusebius, un jeu plutôt intérieur, très intime et chaud. Et quel chant ! A l'inverse, Claire Désert a du Florestan en elle. Comme je l'entendais au disque, j'ai ressenti un jeu très coloré. Mais pas les couleurs chaudes et si rassurantes d'Edna Stern. C'était très pétillant, beauoup de légèreté, de caractère. De l'humeur.

Le concerto de Brahms si massif par moments ne s'est jamais allourdi à cause du piano, c'était extraordinaire.

Bref, j'étais heureuse, j'avais chaud au coeur, et malgré ma grippe, j'aurais eu envie de sauter partout. Et encore tout de suite d'ailleurs.

Je suis tellement heureuse de ne pas avoir été déçue. Et je savais que je n'allais pa être déçue, et pourtant, j'avais peur de l'être.... Bref !

 

Après le concerto, pendant l'entracte, je n'aurais jamais osé aller féliciter l'artiste, comme certains l'ont fait, c'est au dessus de moi ça ! Et ce n'était même pas féliciter que j'aurai fait, mais remercier. Pour le bonheur que j'ai eu pendant ces 45 minutes et pour l'avenir.

Car j'étais vraiment en train de me demander si tous les "grands" pianistes étaient glaciaux ou sans intérêt comme mes quelques mauvaises expéreinces que je ne citerais pas. C'est que j'étais restée quand même ces derniers temps sur du ennuyeux au point de presque m'endormir, sur du "prout prout", sur du théatre, du jeu de scène, avec beaucoup de manières, sans jamais avoir vraiment ressenti ne serait-ce qu'une petite dose d'humanité.

Mais peut-être ne suis-je pas très réceptive non plus ? Ou trop difficile ?

Ou bien le courant ne passe pas. Mais ça me déprime de ne pas ressentir la passion de quelqu'un qui quand même doit être passionné. A y penser, j'en ai le cafard.

 

Et alors je me demande ce qui fait qu'on préfère tel artiste plutôt que tel autre.

Comment se fait il que je puisse me dire que je suis très réceptive au jeu de tel ou tel artiste, puis lui, ça va mais sans plus, et l'autre là pas du tout.

Et en plus à partir de disques, mais c'est du n'importe quoi !

 

 

Et puis donc, ME voici après ce concert. Je ne tiens pas en place. J'ai réussi quand même à me mettre un peu au piano. Beaucoup oui. Car j'étais dans un état assez euphorique. D'ailleurs mon prélude de la 2eme suite anglaise l'était aussi, je peux dire qu'il a bien avancé aujourd'hui, et que j'ai adoré ce que j'ai fait,je me suis éclatée. Puis, petite pose, le temps de changer de partition sur le pupitre, de rêver un peu, repenser à ce concert.... Et voilà, déprime. Me demander à quoi ça sert de faire du piano, de s'obstiner dans la médiocrité alors que tant de gens le font si bien pour nous !

Il serait bien temps de connecter les neurones. Je sais ce que j'aime, mais pourquoi ne pas le faire alors !

Ce serait simple quand même !

Là, je joue comme ça, puis là je fais ça, puis ici comme ça... Ben non tiens.

Alors après cette "pose-pensées", la Tempête. Ben ridicule, de pire en pire ! Après tout, je n'ai qu'à mettre Kempff dans la chaine, et zou !

 

Et depuis, plus rien. Je ne tiens toujours pas en place, je saute toujours partout, je suis toujours heureuse, mais en même temps, je suis triste. Et je suis triste justement parce que je suis contente, c'est dingue !

Et tout ça "grâce" à Claire Désert !

Et j'espère vraiment un jour avoir la chance d'écouter Edna Stern, car je sais que je serai aussi heureuse.

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